L’homme est-il un être naturel ? plan détaillé

 

La culture

Voici un plan détaillé d’un cours que j’ai donné sur la culture… Cela devrait vous permettre de mieux appréhender les textes que j’ai publiés et qui sont relatifs à la notion de culture…

INTRODUCTION

Définition de la culture :

Constat de l’ambigüité de la notion.

Etymologie : du latin colere qui désigne le travail de la terre destiné à l’améliorer et à la rendre fertile.

4 niveaux de définition :

  • « se cultiver » :

  • « Une personne cultivée » ; « la culture générale »

  • « la culture occidental » ; « la culture traditionnelle »

  • « Voilà un peuple cultivé, civilisé »

-> développement des définitions:

  • la culture est le développement de certaines facultés de l’esprit d’un homme. C’est un processus individuel d’amélioration.

  • Corrélativement à la définition précédente, la culture désigne par extension l’ensemble des connaissances acquises qui permettent de développer le sens critique, le jugement et le goût. La culture devient une disposition constitutive de l’individu. ≠ érudition.

  • La culture au sens collectif comme phénomène social qui désigne l’ensemble des usages, des représentations et des valeurs traditionnels d’un groupe humain. (sens tardif du terme : seconde moitié du XVIIIème siècle).

  • La culture devient alors synonyme de « la » civilisation en possédant désormais une caractérisation axiologique ou éthique. C’est le fait d’être civilisé. Et constitue un idéal pour l’individu et pour les communautés.

Développement des problématiques associées à la notion de culture :

  • Problématique :

  • Les deux premières définitions de la culture s’intéressent à l’individu en tant que tel et nécessite l’interrogation relative à ce qui, chez lui, est inné et ce qui est acquis. Y a-t-il une nature humaine à partir de laquelle il serait possible que l’individu se cultive ? Se poser cette question implique par conséquent d’interroger la place de l’homme au sein de la nature. Si l’homme peut se cultiver c’est qu’il n’est pas intégralement naturel. Parler de la possibilité pour l’homme de se cultiver revient donc à s’interroger sur la distinction entre ce qui est naturel et ce qui est culturel dans l’humain.

  • Mais alors, quel sens à l’expression « se cultiver » ? Est-ce l’individu lui-même qui se cultive en s’arrachant à sa nature ou cela est-il un processus qui suppose la présence d’autrui, la présence d’une culture au sens d’ensemble des usages, des représentations et des valeurs traditionnels d’un groupe d’humain ? Prendre en compte cette extension de la signification de la culture exige alors de se demander quel est le rapport entre l’individu et la culture dans laquelle il s’inscrit. D’ailleurs, cette culture ne constitue-t-elle pas un lien privilégié entre les individus ?

Mais voilà, le constat premier qu’il est possible de faire quand on parle de la culture, au sens large, comme ensemble d’usages, de représentations et de valeurs, c’est celui selon lequel il existe plusieurs cultures. Puisque chaque culture véhicule des valeurs, elle va prétendre définir « la » civilisation, c’est-à-dire la norme de la moralité et de l’humanité. Se pose alors le problème de la confrontation de ses valeurs interculturelles et de la possibilité de juger une autre culture. Il s’agit par conséquent de déterminer si une culture peut prétendre être « la » civilisation au détriment des autres. Autrement dit, est-il possible de juger de la valeur d’une culture et prétendre éventuellement que telle ou telle culture puisse être « la » norme de l’humanité ?

L’homme est-il un être naturel ?

  • Enjeu : il s’agit de lutter contre l’illusion d’une nature humaine expliquant intégralement l’humanité, c’est-à-dire refuser le fantasme de la naturalité totale de l’homme. Reconnaître l’influence indéniable de la culture dans la constitution et le développement de l’homme. Penser alors l’homme comme un produit culturel présupposant tout de même une nature perfectible. L’humanité est alors non un résultat naturel mais un idéal à conquérir.

« la nature  » :

→ ce qui s’oppose à la culture ; ce qui précède la culture ; ce qui est recouvert par la culture.

→ ce qui est à l’origine.

→ce qui caractérise tout homme. ce qui est invariable quelque soit la culture à laquelle on appartient (ex : « l’homme est naturellement mauvais »)

→ il y a aussi une signification plus individuelle, plus subjective (« l’homme » non plus au sens générique mais individuel)

« c’est dans sa nature, c’est son caractère » ; « chassez le naturel, il revient au galop » → ce qui est invariable chez un individu et qui le caractériserait.

« Sois naturel » → avoir un comportement habituel sans faire preuve d’artifice, « c’est être soi-même ». Cela renvoie à l’idée d’authenticité du comportement contre l’hypocrisie et l’artifice (la nature a ici un sens positif).

La notion de nature : origine ; invariant ; authenticité.

 

1- Les mythes de l’origine : une expression culturelle de la conscience de la spécificité naturelle de l’homme.

 

Ex : le mythe biblique de la genèse ; le mythe du Protagoras.

  • Lecture et comparaison des deux mythes : dégager le statut de l’homme qui transparaît à travers ces deux mythes.

  • Dans quelles mesures les mythes permettent-ils de nous renseigner sur la nature de l’homme ?

Le discours mythique est au fondement de presque toutes les cultures. Certains mythes prétendent alors donner un accès à l’origine de l’homme et permettraient de saisir ce qui est naturel en l’homme.

Deux idées sont communes à ces mythes :

  • l’idée d’un ordre naturel créé par le(s) Dieu(x).

  • l’idée que l’homme possède à chaque fois un statut particulier au sein de cet ordre naturel.

L’homme est décrit comme étant « divin », soit parce qu’il possède des qualités divines soit parce qu’il est créé « à l’image de Dieu ».

ce qui fait la spécificité de l’homme c’est donc d’être un animal « métaphysique », qui, tout en faisant partie de l’ordre naturel y échappe sous certains aspects.

→ L’homme est donc caractérisé comme étant naturellement une exception à l’ordre naturel.

Le mythe est le discours qui s’est transmis de génération en génération et dont l’origine se perd. Le mythe est donc l’expression de tout le poids d’une tradition qui dit le vrai parce qu’il est censé être le témoin de la vérité de ce qui est raconté.

Le mythe semble alors être une production culturelle c’est-à-dire un récit fictif raconté par des hommes dont le contenu serait fortement déterminé par une manière particulière de concevoir l’homme et le monde.

Pb : le mythe n’a-t-il donc aucune valeur de vérité ? Les textes sacrés ne sont-ils que des mythes, i.e. des récits fictifs sans fondements réels ?

→ plusieurs rapports envisageables vis-à-vis des textes sacrés :

 

  • se sont simplement des produits culturels et ils décrivent une manière de concevoir l’homme tout en fixant des valeurs mais sans prétendre à une vérité absolue.

 

  • Se sont des textes véridiques car ils ont été dictés ou inspirés par Dieu à des prophètes. Dans ce cas :

 

  • La littéralité des textes sacrés étant problématique, il est possible de chercher le message implicite, caché dans le texte (dans ce cas la « Genèse » n’est pas à prendre au pied de la lettre et ne contredit pas la science…)

 

  • Seule la littéralité des textes compte et il n’est pas possible de les interpréter. Ce n’est alors qu’une question de foi pour décider de ne pas faire attention aux contradictions des textes car « les voies du Seigneur sont impénétrables ».

 

Dans tous les cas, ces mythes sont intéressants dans la mesure où ils montrent comment l’homme à conscience de lui-même. Or, il se voit comme un être naturellement exceptionnel qu’il faut distinguer des autres animaux.

 

Transition : à travers ces différents mythes est apparue l’idée selon laquelle l’homme serait naturellement un être d’exception. Néanmoins, la valeur de vérité de ces mythes est au moins à remettre en question car il se pourrait qu’ils ne soient qu’une expression culturelle. Ce qui est alors intéressant est que l’homme lui-même se voit comme un être exceptionnel. Le problème est alors de savoir si ce caractère exceptionnel est véritablement naturel. Même s’il est possible de faire le constat du caractère exceptionnel de l’homme, il est douteux de faire découler ce caractère d’une origine et d’une création qui échappent à l’enquête de l’entendement.

N’est-il pas envisageable de faire une expérience qui nous permettrait de savoir véritablement ce que l’homme tient de la nature ?

 

2- L’expérience anthropologique des enfants sauvages : le poids de la culture.

Référence : Malson

  • Qu’apporte l’expérience des enfants sauvages dans la compréhension de ce qu’est la nature humaine ?

→ la découverte d’enfants sauvages a constitué une expérience fondamentale dans la compréhension de la nature humaine. Elle a en effet permis de relativiser ce qui était jusque là admis comme étant la nature de l’homme : être civilisé, poli, « pudique » (Bible), avec le « sentiment de l’honneur et du droit » (Protagoras), posséder un langage naturel…

  • Distinction entre inné et acquis : ce qui était pris pour la nature de l’homme n’est en réalité qu’un acquis culturel dans lequel la présence d’autrui est fondamental au développement de l’humanité. Aucune sphère de la vie humaine ne semble alors échapper aux processus de développement liés à la culture. Même ce qu’on considère traditionnellement comme les besoins naturels de l’homme subissent en réalité une détermination culturelle (boisson, nourriture, sexualité).

  • Distinction entre contingent et nécessaire pour distinguer l’humanité de l’animalité.

Transition : la naturalité de l’homme s’est avérée être en grande partie un phantasme de l’esprit dans la mesure où l’humanité s’acquière par le biais de processus culturelles. L’humanité n’est pas entièrement déterminée par la génétique mais présuppose toujours la rencontre avec autrui. Ainsi, la génétique est une condition nécessaire mais non suffisante pour appréhender l’homme. Mais l’homme se distingue bien de l’animal par le fait qu’il ait accès à une certaine contingence contrairement à ce dernier dont le comportement est plus intimement déterminé de manière nécessaire. Ce constat d’une spécificité de l’homme ne permet pas d’exclure totalement le concept de nature. En effet, il doit bien y avoir une caractéristique invariante à l’humanité qui permette d’expliquer cette possibilité pour l’homme de s’arracher à la nature. Quelles peuvent être les caractéristiques naturelles de l’homme permettant alors une telle diversité aussi bien sociale que comportementale ?

 

3- Libre arbitre et perfectibilité comme caractéristiques naturelles et universelles de l’homme ?

Référence : Rousseau

→ l’état de nature comme fiction théorique permettant de rendre compte de la réalité humaine telle qu’on la constate (inégalité et diversité des sociétés et des comportements). Raisonnement par abduction et caractère hypothétique de la nature humaine (l’homme est toujours déjà en société).

 

→ double caractérisation naturelle de l’homme :

  • Caractérisation physique :

L’homme n’est pas aussi faible que ce à quoi on pourrait s’attendre (robustesse de l’homme à l’état de nature). Très faibles inégalités physiques entre les individus à l’état de nature.

  • Caractérisation métaphysique :

Deux caractéristiques sont dégagées dans le second discours : le libre arbitre et la perfectibilité.

Définition du libre arbitre. Ce n’est pas l’absence de causes mais l’indépendance de la volonté vis-à-vis d’elles. « La volonté incline sans nécessité » (Leibniz, Nouveaux essais sur l’entendement humain, cf. cours sur la liberté).

Aveu rousseauiste du caractère problématique de l’existence du libre arbitre. Mais cette caractéristique n’est pas la plus essentielle pour expliquer la sortie de l’état de nature et le rôle de la culture dans la constitution de l’humanité. Ceci ce fait sans avoir besoin de postuler une volonté libre dans ses choix. La sortie de l’état de nature est envisagée comme le résultat des « circonstances » sur la « perfectibilité » humaine.

Définition de la « perfectibilité ».

Cette caractéristique qui permet de différencier l’homme de l’animal introduit dans la nature humaine la possibilité de la contingence pour expliquer le constat de la diversité de toutes les manifestations humaines /VS/ fixité de l’animal.

// avec la « structure de possibilités » dans le texte de Malson.

 

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