Méthode de sujet-texte

Objectifs

1- organisation de l’épreuve.

Cette épreuve du baccalauréat concerne les séries technologiques et est composée d’un texte accompagné de questions. Les questions qui vous sont posées demandent en général (cela peut supposer une adaptation de votre part) :

1- de formuler l’enjeu (le problème) et la thèse de l’auteur (l’idée principale) et d’expliquer la progression argumentative du texte.

2- de rédiger l’explication de mots, d’expressions ou de phrases du texte.

3- de rédiger une brève dissertation à partir d’une question en rapport avec le texte.

La méthode suivra ces trois points…

2- exigences générales

Il est important de comprendre que le correcteur note en grande partie l’effort que vous allez fournir pour questionner le texte et pour construire des explications précises et développées. Il est donc primordial de ne pas bâcler votre devoir et de donner, ce faisant, l’impression que vous attachez peu d’importance à l’épreuve.

Les conseils suivants sont toujours valables:

- Pensez à toujours expliquer et justifier vos affirmations.

- Définissez les notions centrales du texte et de votre explication.

- Essayer de vous appuyer sur le texte et d’en saisir la nuance.

- Attachez de l’importance à la logique argumentative du texte et à son implicite.

- Structurez vos réponses.

Travail préliminaire

Ne commencez pas à écrire au propre trop rapidement…

Les 3 éléments constitutifs du texte philosophique : enjeu, thèse, plan.

La plus grande partie de votre travail préliminaire consistera dans la recherche de ces trois éléments indispensables…

Trois notions fondamentales dirigent un texte philosophique et tiennent par conséquent une place primordiale dans le commentaire de texte. Cette trilogie notionnelle est constituée par : l’enjeu, la thèse, l’argumentation. Il existe une logique essentielle liant ces trois éléments et il apparaît nécessaire de bien la saisir car il faudra en rendre compte dans l’explication du texte.

1- l’enjeu

Un texte est toujours écrit dans un but particulier. Ce but est ce qui est appelé l’enjeu philosophique. En effet, l’enjeu est le problème philosophique que s’est posé un auteur et qui l’a conduit à rédiger un texte particulier. Dans sa signification la plus large l’enjeu se définit donc comme étant ce qui a motivé la rédaction d’un texte philosophique. En tant que motivation à la rédaction d’un texte, l’enjeu peu être de nature variée. Il est souhaitable de remarquer que cet enjeu peut être constitué par un ensemble de questions. On peut évidemment envisager un texte dont l’enjeu ne serait pas simplement constitué par une seule question du type « qu’est-ce que la liberté ? » mais que cette question soit doublée d’une autre comme, par exemple, « l’homme est-il libre ? ». Par ailleurs, un texte ne vise pas nécessairement la réponse à une question explicite. Il faut donc retenir la définition générale selon laquelle l’enjeu est ce qui a motivé la rédaction du texte.

2- la thèse

La thèse est le résultat de l’analyse de l’auteur. Elle répond nécessairement à l’enjeu du texte puisque si l’enjeu est ce qui motive la rédaction du texte, la thèse en est l’aboutissement ultime. Si l’enjeu est une question, la thèse devra être la réponse de l’auteur.

3- le plan

Le troisième élément du texte est l’argumentation proprement dite. L’enjeu est la motivation initiale, la thèse en est l’aboutissement. De manière évidente, l’argumentation est la transition entre ce qui constitue le projet du texte et son aboutissement. C’est grâce à une argumentation particulière que le philosophe peut aboutir à une thèse qui répond à l’enjeu initial. L’argumentation peut prendre des formes multiples et variées. Le commentaire de texte devra rendre compte précisément des différentes étapes argumentatives du texte.

Lire un texte de philosophie.

Les indicateurs fondamentaux de l’argumentation sont les connecteurs logiques et les expressions de transition. Ils permettent de définir un schéma argumentatif, et un tel schéma, quand il est bien saisi, conduit naturellement à l’énoncé de la thèse. A partir de ce schéma et de l’énoncé de la thèse il est possible de saisir véritablement la portée et le rôle de chaque proposition. Mais pour trouver tout cela, encore faut-il lire correctement le texte…

Lire un texte de philosophie n’est pas chose facile. Plusieurs lectures sont souvent nécessaires avant de se faire une bonne idée de ce dont il est question dans le texte. Ne soyez pas effrayés par les incompréhensions qui subsistent après les premières lectures. N’essayez même pas de tout comprendre tout de suite… La compréhension est un travail progressif qui suppose différents niveaux de lecture.

Il faut lire le crayon à la main. Cela signifie que vous devez, au fur et à mesure de vos lectures, relever un certains nombres d’éléments et noter au brouillon ce qui vous semble constituer l’enjeu, la thèse et le plan. Vous devez affiner progressivement la saisie ce ces trois points. Un texte philosophique ne saurait être compris grâce à une seule lecture. La première étape consiste à se familiariser avec l’extrait par une lecture attentive du texte (n’hésitez pas à le relire pour commencer à saisir le sens global du texte). Par la suite, la lecture doit être complétée par un relevé des connecteurs logiques et des expressions pouvant indiquer un rôle argumentatif. Vous devez alors commencer à chercher les transitions argumentatives du texte pour trouver les différents moments de son argumentation. Enfin, il est alors primordial de s’attarder sur chaque phrase, sur chaque proposition, afin de pouvoir dégager le schéma argumentatif détaillé du texte tout en commençant à avoir une idée très précise et nuancée de sa signification. Demandez vous  quel est le rôle de chaque proposition et quel est son sens. Voilà le type de question qu’il convient de se poser : « Suis-je en présence d’un exemple, d’une hypothèse, d’une affirmation, d’un constat… ? » ; « pourquoi l’auteur écrit-il cela ? » ;  «qu’est-ce que cela signifie précisément ?». Ce travail doit permettre de trouver ou de confirmer la thèse du texte puisque celle-ci est la conclusion de l’argumentation. Par la même occasion, l’enjeu doit désormais être clair.

Réponse au 1)

La première question vous demande, en général, de dégager l’enjeu, la thèse et le plan du texte. Vous comprenez dès lors pourquoi le travail préliminaire est primordial… Car il vise justement à dégager l’enjeu, la thèse et le plan du texte… Votre rédaction doit alors être précise, claire, développée et bien structurée. Rédigez votre réponse comme si la personne qui devait vous lire n’avait jamais lu le texte.

* premier paragraphe de la réponse au 1)

1- Commencez par présenter brièvement le texte (extrait de… ; auteur ; date ; …)

2- Expliquez clairement et précisément quel est le problème (l’enjeu) qui est implicitement ou explicitement posé par le texte. Veillez à avoir une formulation précise et prenez conscience du fait que changer légèrement la formulation peut radicalement faire changer la signification du problème (“peut-on être libre ?” et “qu’est-ce que la liberté ?” ne sont pas du tout les mêmes questions…). N’hésitez pas ici à expliquer le problème…

3- Expliquez précisément la thèse du texte (son idée principale). Il ne s’agit pas ici de recopier une phrase du texte mais bien d’expliquer ce qu’on doit retenir du texte. Il est important d’être précis et de vérifier que la thèse constitue bien une réponse à l’enjeu que vous venez de donner.

4- Donnez le plan du texte, c’est-à-dire son découpage mais aussi l’acquis argumentatif de chaque partie. Il s’agit donc d’expliquer globalement ce qu’apporte chaque partie.

Une fois que cela est fait, il ne vous reste plus qu’à rédiger un nouveau paragraphe dans lequel vous allez examiner plus en détail l’évolution de chaque partie.

* second paragraphe de la réponse au 1)

Reprenez chacune des parties que vous avez dégagées et expliquez les plus en détail. Il s’agit ici d’essayer de voir comment chacune des parties évolue.

Réponse au 2)

1- Objectifs

La seconde question demande en général d’examiner un moment du texte et d’expliquer son sens en détail. La paraphrase est ici un écueil dangereux et constitue souvent le refuge des élèves qui ne savent pas quoi dire. Il ne s’agit pas seulement de dire que tel philosophe dit une chose, il faut dire comment il le dit et ce qui justifie ce qu’il dit.

Il faut donc toujours faire deux choses : insister sur le rôle argumentatif du passage à expliquer et chercher l‘implicite de ce que dit l’auteur.

2- Les bons réflexes.

Posez vous systématiquement ce genre de questions afin d’éviter la paraphrase :

- quel est le rôle argumentatif de la phrase ? à quoi sert cette phrase dans le texte ?

- comment la phrase est-elle construite et en quoi cette construction est-elle significative?

- qu’est-ce qu’apporte la phrase par rapport à ce qui précède ?

- quelle est la signification de la phrase ? y a-t-il des nuances dans la formulation et si oui qu’apportent-elles ?

- quelles sont les notions clefs sur lesquelles la phrase repose ? Faut-il les définir ou sont-elles évidentes ?

- le passage est-il abstrait et un exemple le ferait-il mieux comprendre ? si oui alors quel exemple choisir pour rendre concrète mon explication ?

- y a-t-il des images et des choix lexicaux qui marquent la signification de la phrase ? si oui, pourquoi l’auteur les a-t-il employés et quelle est leur portée ?

- l’auteur affirme-t-il quelque chose ? si oui, qu’est-ce qui justifie une telle affirmation ? y a-t-il des éléments dans le texte qui permettent de justifier une telle affirmation ? si oui lesquels ? si non, comment puis-je justifier ce que dit l’auteur ?

3- Rédaction

L’idée est encore de structurer au maximum votre réponse. Commencez par un premier paragraphe dans lequel vous remettez en contexte le passage à expliquer. Cela permet de montrer que vous êtes attentifs à l’évolution argumentative. Expliquez donc en quoi le passage à expliquer est important pour la démonstration de la thèse.

Faites alors un autre paragraphe dans lequel vous expliquez précisément la signification de la citation. Vous devez ici vous appuyer sur les questions posées au point n°2. Pensez à toujours définir les notions clefs, exemplifier, justifier les affirmations de l’auteur, examiner les images et leur portée…

Réponse au 3)

1- Objectifs

La question dite “sujet de réflexion” doit être traitée comme une dissertation. Sa spécificité est qu’on attend du candidat qu’il y montre sa compréhension du texte et une certaine capacité à utiliser le texte pour répondre à une question tout en cherchant d’autres perspectives de réponse.

Il s’agit donc de comprendre le problème posé par le sujet et de rédiger une réponse construite et bien argumentée.

Construisez donc votre réponse comme pour une dissertation.

-> Il faut donc lire ici toute la méthode de dissertation…

2- Spécificités du sujet de réflexion par rapport à une dissertation classique.

Le sujet de réflexion est normalement en relation avec le texte… Contrairement à une dissertation, vous n’êtes donc pas livrés à vous-mêmes… Cela est important et doit vous permettre d’aller plus vite pour deux raisons :

- le texte doit vous fournir une perspective de réponse.

- le plan n’est pas aussi élaborer que dans une dissertation classique.

En effet, vous devez, lors de votre recherche de pistes de réponse, vous posez les questions suivantes :

- comment le texte me permet-il de répondre au sujet ?

- y a-t-il des aspects du sujet qui ne sont pas couverts par le texte ? si oui alors quels sont les éléments de réponse complémentaires ?

- l’apport du texte est-il discutable ? si oui, quelles sont ses limites ?

La réponse à ces questions doit normalement vous permettre de faire un plan en deux parties avec :

I- l’apport du texte par rapport au sujet.

II- les perspectives complémentaires ou/et les limites de l’apport du texte.

Vous pouvez évidemment faire trois parties. Quoi qu’il en soit, les règles pour la rédaction de chacune des parties sont identiques à celles de la méthode de dissertation.

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