Méthode dissertation

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Analyse préliminaire

* Ne jamais rédiger directement…

Un écueil qu’il est primordial d’éviter est celui consistant à se lancer d’emblée dans la rédaction de la dissertation. Le travail préliminaire a une importance primordiale et la raison de cette importance est aisément compréhensible. Se lancer dans la rédaction d’une réponse à un sujet de dissertation, sans avoir pris le temps d’une réflexion approfondie et aboutie, conduit de manière quasi nécessaire à un devoir mal structuré avec des incohérences, des maladresses. De plus, le risque de hors sujet ou d’incomplétude est grandement augmenté. Le travail préliminaire à la rédaction de la dissertation doit aboutir à un plan détaillé de la réponse au sujet.

* Le plan est le résultat d’une recherche.

Il n’y a pas de plan préconçu qui puisse fonctionner pour chaque sujet. Le plan reflète une démarche argumentative personnelle qui a pour enjeu d’aboutir à une réponse à la question posée. Certes, il existe différents plans typiques, néanmoins, de tels plans ne peuvent fournir, au mieux, qu’une trame argumentative qu’il va falloir remanier en fonction de la réflexion préliminaire. L’analyse philosophique que le travail requiert n’est pas dictée par le plan ; au contraire, le plan est issu de l’analyse. Il vous faut donc construire un plan qui soit lié à votre réflexion.

* Comment conduire une réflexion qui puisse mener à un plan ?

 

1- L’analyse du sujet : Elle doit aboutir à la problématique

Qu’est-ce qu’une problématique ? C’est l’ensemble des questions soulevées par le sujet. Un sujet de philosophie n’est pas une question simple, il est complexe dans la mesure où la question qui est posée ne tolère pas une réponse immédiate et indiscutable. Le sujet de dissertation est ambigu, et nécessite donc de déterminer différents axes de réflexion pour le traiter de manière exhaustive. Faire une problématique revient donc à saisir toute la complexité du sujet et à expliquer précisément ce qu’il va falloir chercher pour répondre au sujet.

Il est tout d’abord primordial de repérer la ou les notions qui sont en jeu dans le sujet. Cela va permettre de délimiter le champ de l’étude et de savoir quelles connaissances vous allez potentiellement être amenés à introduire.

L’analyse du sujet doit rapidement s’attarder sur le type de question qui est posé. La manière dont la question est formulée oriente déjà largement le candidat sur ce qu’il faut chercher… Une question introduite par « doit-on » n’est pas la même qu’une autre qui débuterait par « peut-on ». Il convient de bien saisir à quel problème on est confronté, sinon on risque clairement d’être hors sujet ou de manquer une partie du sujet.

Il faut également s’attarder sur chacun des termes de l’énoncé. Il est rare que des termes soient superflus. Au contraire, chaque mot du sujet permet de comprendre la spécificité et la nuance de la question pour bien saisir ce qui est demandé et ce qui est hors sujet… Essayer de reformuler la question. Cela va vous permettre de vous l’approprier et va vous montrer si vous l’avez bien comprise. Faites également l’effort de comparer objectivement la reformulation avec la question posée. Un tel travail met parfois en évidence tel ou tel aspect du sujet qui vous avait jusqu’ici échappé. Une difficulté essentielle est alors constituée par le travail définitionnel. En règle générale les notions philosophiques majeures posent des problèmes de définition. Dès qu’une telle notion est présente dans un sujet il est évident qu’une des tâches de l’analyse va consister en un travail précis de définition. C’est la variété des définitions qui peut être la cause de la complexité du sujet et de l’ambiguïté de la réponse. Il faut tout de même noter que le travail de définition ne doit pas s’attacher uniquement aux notions philosophiques. Certains termes courants, qui semblent évidents, cachent parfois une complexité inattendue dont il va falloir tenir compte dans l’analyse.

Il est primordial de scinder le problème principal (le sujet) en différents problèmes annexes, plus simples. Ces problèmes annexes, qui constituent la problématique, doivent alors permettre, une fois résolus, de répondre au sujet. Le plan doit être construit à partir de cette problématique. Il est élaboré pour répondre aux différentes questions de la problématique. Il est par conséquent possible de comprendre pourquoi il n’existe pas véritablement de plan « type ». Le plan est lié à la problématique. Dès lors, comment orienter la réponse à la problématique et comment construire le plan ?

2- La recherche d’éléments de réponse à la problématique

Il s’agit de bien comprendre que la qualité de votre devoir ne dépend pas seulement de la problématique mais également de la richesse et de la finesse de votre réponse…

Bien répondre à une problématique suppose donc une réflexion personnelle pertinente. Cependant, une réflexion personnelle ne peut être véritablement pertinente que si elle est associée à des connaissances qui lui permettent d’être précise, rapide et nuancée. Vous ne pourrez pas véritablement faire une bonne dissertation si vous ne connaissez pas bien votre cours et si vous ne possédez pas une bonne culture générale. Sans cela, il est presque inévitable que votre réflexion reste superficielle… La difficulté de la philosophie est que vous n’aurez très probablement jamais traité exactement le sujet qui vous est proposé… Il vous appartient donc de retrouver et de réinvestir toutes les connaissances susceptibles d’être utiles (des éléments de différents chapitres du cours peuvent être mobilisés et n’hésitez pas à chercher dans votre culture générale et dans les autres disciplines des supports de réponse). Tout ce que vous avez appris est susceptible d’être un outil ou un support pour votre réflexion…

Le conseil principal est alors de toujours mettre vos connaissances au service du sujet. Tout doit contribuer à répondre à la problématique et il ne s’agit donc jamais de simplement restituer des connaissances. L’exigence philosophique est celle de la pensée !

Constitution du plan

1- objectifs.

Une fois que vous avez déterminé la problématique, vous avez dû chercher des éléments de réponse en mobilisant votre réflexion personnelle, votre culture générale et le cours. Le résultat de ce brainstorming est un brouillon sur lequel figure énormément d’idées diverses et variées… En effet, n’hésitez pas à écrire au brouillon toutes les idées qui vous passent par la tête…

Il n’y a pas de plan tout fait et vos parties dépendront donc de votre problématique et de ce que vous avez à dire…

La construction du plan est alors la mise en ordre de toutes ces idées afin d’aboutir à une réponse précise et nuancée à la question qui vous est posée.

2- quelques conseils pour chaque partie

→ unité argumentative de chaque partie.

→ thèse explicite dans chaque partie.

→ rôle argumentatif clair pour chaque partie (lien avec le sujet).

→ inutilité de la multiplication des références dans une partie.

→ la soumission des références et des exemples à l’argumentation.

→ éviter le verbiage et chercher à exprimer clairement et distinctement sa pensée.

→ rigueur logique

3- conseils pour l’organisation des parties.

Dans la mesure du possible il serait bon que vous essayez de faire trois parties. Cela n’est pas obligatoire mais vous force à sortir du plan oui/non et vous force à essayer de chercher des éléments de réponse auxquels vous n’auriez pas encore pensé.

Inspirez vous des différents cours et corrigés que vous avez eu pour voir les types d’évolutions argumentatives qu’il est possible d’utiliser… D’où la nécessité de bien connaître les plans de vos cours et les corrections…

Commencez par la partie qui vous semble défendre la thèse la plus évidente ou la plus commune. Allez alors dans le sens de la complexité croissante… Mieux vaut toujours finir par la thèse qui vous semble la plus forte et la plus pertinente.

Intro

L’introduction est une étape essentielle de la dissertation, car c’est elle qui lui donne son sens – sa signification comme sa direction. La rédaction de l’introduction est structurée par un certain nombre d’étapes qu’il vous faut apprendre. En tant qu’elle donne le sens de la dissertation, l’introduction est logiquement fondée sur tous les résultats du travail préliminaire. En effet, ce dernier avait pour but la compréhension du sujet et la création d’un plan. En conséquence, une bonne introduction ne saurait se passer d’un travail préliminaire approfondi.

1- l’annonce du sujet.

La première étape est l’annonce du sujet. Il ne s’agit pas simplement de retranscrire textuellement l’intitulé du sujet. L’annonce consiste à justifier, à légitimer la question posée par le sujet. Toute question n’est pas nécessairement une bonne question du simple fait d’être posée. Il importe donc de montrer pourquoi celle que l’on vous propose correspond à un problème véritable et qui demande à être discuté parce qu’il nous met effectivement dans l’embarras. Tel est l’objectif de la légitimation du sujet. Il faut s’efforcer de le réaliser en évitant les phrases creuses ou les constats discutables (du type : « de tout temps les hommes ont fait ceci »). Partir d’un exemple concret et problématique est une bonne solution pour annoncer le sujet.

2- la problématique.

Après avoir annoncé et énoncé le sujet il convient de donner la problématique. Vous devez construire ici, à partir du sujet, l’ensemble des problèmes et des pistes de réflexion qui sont posés par le sujet. C’est dans cette étape que le correcteur va voir votre niveau de compréhension du sujet. Il convient de montrer que vous avez saisi les limites du sujet, ces implications ainsi que les questions qui lui sont subordonnées.

3- l’annonce du plan.

La dernière étape suit logiquement la précédente et consiste dans l’annonce du plan. Après avoir posé les questions implicites au sujet, vous donnez la manière selon laquelle vous allez répondre à ces questions. Le correcteur peut alors apercevoir la cohérence globale de l’argumentation ainsi que sa pertinence. Ici, tout est une question de rhétorique. Évitez, dans la mesure du possible les annonces brutales. Privilégiez les tournures impersonnelles. Il n’existe pas de recette pour les questions de rhétorique et rien ne remplace la pratique. Soyez suffisamment pour que le correcteur puisse voir où vous allez… Enoncez clairement l’acquis argumentatif de chaque partie.

Développement

1- objectifs

L’introduction indique la direction à prendre, le développement doit suivre cette direction. A partir de l’introduction des problèmes ont émergé et la direction globale de leur résolution a été énoncée. Il est désormais nécessaire de développer l’argumentation de manière à aboutir à une réponse au sujet.

2- pour chaque partie

Conseils principaux : justifiez vos affirmations, faites le lien avec le sujet, progresser dans l’argumentation de votre thèse, faire attention au rôle des références et des exemples.

Pensez à éviter d’affirmer des choses non justifiées. Vous devez vous méfiez des évidences et des préjugés. Pour cela, essayez de toujours définir les notions que vous introduisez et de justifier systématiquement vos affirmations.

Chaque partie doit apporter un élément de réponse précis à la question qui est posée. Il est donc impératif de toujours faire le lien entre ce que vous êtes en train de dire et le sujet…

De plus, il est primordial que votre partie soit structurée de telle manière qu’on ait l’impression de progresser dans la démonstration de la thèse que vous voulez soutenir. Évitez donc des ruptures trop flagrantes au sein de vos parties. Dans l’idéal, tout le mouvement de la partie contribue à la démonstration de votre thèse.

Les connaissances philosophiques sont bien évidemment les bienvenues dans votre dissertation. Toutefois, elles doivent s’intégrer dans l’argumentation. Ne parlez pas d’une chose peu pertinente vis-à-vis du sujet si l’objectif est seulement de montrer que vous savez cette chose.

De même, les auteurs ne sont pas des autorités mais des aides, des modèles pour la réflexion. La référence philosophique est utile dans la mesure où elle permet d’avoir accès à certains éléments de réponse. Mais se référer à l’auteur n’est jamais un argument. L’exposé de la thèse d’un auteur doit donc nécessairement s’accompagner des arguments et des expériences sur lesquels il s’appuie. De même, l’usage des citations n’est pas impossible à condition d’être accompagné d’explications précises…

Il faudra également utiliser des exemples. Mais l’exemple doit tout d’abord être bien choisi. Il n’est pas un simple cas particulier auquel on pourrait opposer avec la même légitimité un autre cas particulier. L’exemple doit plutôt être exemplaire : il doit illustrer un argument général ou servir de support pour trouver cet argument général. Il faut retenir que l’exemple illustre et qu’il ne démontre pas. Il permet de faire comprendre. Néanmoins, le contre-exemple possède une valeur dans la réfutation.

3- la cohérence entre les parties.

Il ne faut jamais perdre de vue que ce qu’on attend d’une dissertation est une réponse argumentée au problème énoncé dans le sujet. Tout le mouvement argumentatif du devoir doit conduire à la réponse. Si toute l’argumentation doit tendre à une réponse, il est primordial d’apercevoir une logique d’ensemble. Les parties doivent être liées entre elles par des transitions et aucune discontinuité franche ne doit être observée. C’est dire que le développement doit être articulé. La transition peut être l’occasion de refaire le lien entre ce que vous venez de dire et le sujet. Mais une transition doit surtout expliquer comment on passe d’une thèse à une autre ; elle doit relancer le questionnement en montrant qu’il est primordial d’aller plus loin dans la réflexion. Essayer de relancer le questionnement sous forme de problème car cela est rhétoriquement plus puissant que de simplement dire ce que vous allez montrer dans la partie suivante (l’idée est de justifier votre partie suivante et non simplement de la présenter).

Un développement n’est donc surtout pas une simple juxtaposition d’opinions.

 

Pour conclure, il est nécessaire de se souvenir que la dissertation a pour but de fournir une réponse pertinente et convaincante à une certaine question. Soyez donc précis, rigoureux et clairs. Voilà les qualités essentielles qui sont attendues. Ajoutez une certaine érudition habile et bien utilisée et tous les ingrédients d’un bon devoir sont réunis car la réflexion sera alors approfondie.

 

Conclusion

La conclusion doit reprendre les acquis de l’argumentation, en redonner les grandes étapes, pour pouvoir donner la réponse finale. Elle retranscrit brièvement les résultats du devoir. La conclusion consiste donc en une prise de position sur la question qui était posée. Il ne s’agit ni de rester vague ni de ne pas donner de réponse. Une réponse peut être nuancée sans pour autant être vague ou imprécise. Encore une fois, la meilleure réponse n’est peut être pas un « oui » franc ou un « non » indiscutable. Mais il ne faut pas non plus dire « peut être que oui peut être que non ». Veillez simplement à donner une réponse qui soit la conséquence logique de votre raisonnement ; toute la difficulté est alors d’avoir conduit un raisonnement précis, cohérent, argumenté, et dénué de préjugés.

Il est possible de rédiger ce qu’on appelle une « ouverture ». Une telle ouverture doit amener le lecteur à s’interroger sur un problème annexe mais en étroite relation avec le sujet. Cette étape n’est pas requise absolument et elle reste risquée. Le danger résiderait, soit dans l’énoncé d’une question que vous auriez dû traiter au sein de votre devoir, soit dans une question banale sans véritable lien avec le problème posé.

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